Etat des lieux sur le travail du dimanche

Tout salarié a droit à un repos hebdomadaire. Il est de coutume que le repos hebdomadaire soit le dimanche. Néanmoins, certaines entreprises bénéficient d’une dérogation au repos dominical.

Un peu d’histoire

Le repos dominical, qui signifie dans son sens premier « repos qui appartient au Seigneur » fut décrété en 321 par l’empereur Constantin Ier, comme étant le jour de repos légal dans l’empire romain. Celui-ci correspond au quatrième précepte du Décalogue (les Dix Paroles pour le judaïsme et les Dix Commandements pour le christianisme) et commence le dernier jour de la semaine civile pour les chrétiens, le dimanche et pour les juifs, le samedi, sabbat (de l’hébreu « repos »), qui était pour ces derniers, déjà existant quelques siècles avant notre ère.

« Tu te souviendras du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est un sabbat pour Yahvé ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours Yahvé a fait le ciel, la terre et la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour ; c’est pourquoi Yahvé a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié » (Exode, 20, 2-17).

« Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu’il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée en la faisant » (Bible de Jérusalem, Genèse, 2, 2).

Dans les sociétés fondées sur des racines chrétiennes, le repos du dimanche est devenu une norme sociale, dont le nom vient du latin septimana, « septième », adopté par le monde romain de la division assyrienne du temps en périodes de sept jours, après avoir observé le cycle de la Lune d’une durée totale de vingt-huit jours environ et divisée en quatre périodes.

1598, l’édit de Nantes d’Henri IV réaffirme ce principe.

1879, la IIIème République essayera d’abolir le repos dominical, afin d’effacer toute référence chrétienne dans l’organisation de la société.

1906, le repos dominical est de nouveau établi.

1936, héritage du secteur bancaire ratifié par les accords de Matignon, le samedi est chômé pour bon nombre de secteurs d’activités.

Que dit la loi ?

Il est interdit de faire travailler un salarié plus de six jours consécutifs, sauf par dérogation. Les heures travaillées le dimanche peuvent faire l’objet d’une majoration, notamment lorsque cela est prévu par la loi ou par une convention collective.

Un repos hebdomadaire d’une durée minimale de 24 heures consécutives (plus 11 heures de repos quotidien) doit donc être respecté. Selon l’article L. 3132-3 du Code du travail : « Dans l’intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche. ».

Cependant, certaines dispositions particulières s’appliquent aux départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin qui figurent aux articles L. 3134-1 à L. 3134-15 du Code du travail.

Choix de travailler le dimanche

Travailler le dimanche reste soumis au volontariat de chacun mais un salarié est-il pleinement libre de refuser le travail dominical s’il sait que son employeur lui préférera un autre salarié acceptant une telle contrainte ?

Le travail du dimanche, nouvel esclavage des temps modernes ?

Comme l’écrivait Bernanos dans son dernier essai, la France contre les robots (1946), « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

Les partisans pour une banalisation du « dimanche » sont de plus en plus nombreux. Mettant en avant un confort pour les foyers, pour les touristes étrangers et aussi que cela permettrait de faire concurrence au commerce électronique…

Réduisant ainsi la vision de l’homme uniquement à celle d’un consommateur. Alors que la consommation n’est pas limitée par manque de temps mais plus souvent dû à un faible pouvoir d’achat.

L’économie ne devrait-elle pas rester au service de l’homme et non l’inverse ?

Dans une enquête menée en 2005 par Odoxa, une majorité de Français, 78 %, est favorable à l’ouverture des commerces le dimanche mais pas pour y travailler eux même.

53 % considèrent le dimanche comme un jour de repos sacré.

92% associent ce jour au repos et 91% à la famille.

42% des sondés pensent que la loi sur le travail du dimanche constitue une régression sociale, alors que 57% la perçoivent comme une avancée.

36% estiment qu’elle va « créer des emplois », 10% qu’elle va « détruire des emplois » et la majorité (54%) n’optent pour «ni l’un ni l’autre ».

Le travail du dimanche doit-il rester un moyen ou devenir une fin en soi ?

Combien de travailleurs du dimanche ?

Dans une étude menée par la Dares en 2015 sur le nombre de travailleurs le dimanche, « 18 % de l’ensemble des salariés, travaillent au moins un dimanche par mois que ce soit sur leur lieu de travail, à domicile ou ailleurs. Parmi les 12 % de salariés qui travaillent au moins deux dimanches par mois, 64 % exercent des professions dans les domaines de la sécurité des personnes et des biens, de la continuité de la vie sociale et de la permanence des soins alors que ces trois domaines d’activité n’emploient que 27 % des salariés. »

L’impact du travail dominical sur la sociabilité

En 2014, le sociologue, Jean-Yves Boulin constate que « le travail dominical peut déstabiliser la vie sociale de ceux qui y sont exposés, alors qu’ils sont souvent déjà soumis à d’autres formes de précarité. Une réalité peu prise en compte. »

L’étude de l’Insee parue en juillet 2016, met en avant l’altération de la vie sociale et familiale, qu’un jour de repos en semaine ne permet pas de compenser. « Le dimanche, jour sans travail ni école, est plus propice aux moments de partage en famille et avec les amis. »

Il apparaît que le repos dominical ne porte pas atteinte aux performances économiques.
En ajoutant du sens à l’existence humaine et en renforçant les liens sociaux, il encourage chacun à donner le meilleur de lui-même pour la communauté.

Les pays d’Europe qui affichent les meilleures performances économiques sont ceux qui ont conservé au dimanche sa valeur biblique : un jour de repos et de sociabilité pour échapper à l’esclavage du travail.

Article rédigé par
Anne RICHARD
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